Partir à nouveau : quand une première expérience ouvre la voie à d’autres horizons
L’international ne s’arrête pas à une première expérience
La possibilité de travailler à l’international reste l’une des motivations fortes qui poussent de nombreux étudiants à rejoindre l’ISTOM. Chaque année, des jeunes venus de métropole, des DROM-COM et de nombreux pays étrangers se retrouvent sur les bancs de l’école avec un point commun : l’envie de découvrir le monde et de s’engager dans des projets à dimension internationale.
Après le diplôme, les parcours prennent cependant des directions très diverses. Certains partent en expatriation, d’autres restent en France, tandis que les étudiants internationaux doivent parfois choisir entre retourner dans leur pays d’origine ou poursuivre leur aventure ailleurs.
Une carrière internationale n’est pas forcément linéaire. On peut partir, revenir, repartir, changer de pays, changer de continent ou alterner entre plusieurs territoires au cours d’une même vie professionnelle.
Le parcours de Romain Giraudet (P102) illustre parfaitement cette évolution. Après plusieurs années passées en Asie du Sud-Est avec son épouse, également diplômée de l'ISTOM, le couple est revenu en France en 2021 à la suite d'une mutation professionnelle. Cinq ans plus tard, malgré une vie installée et la naissance de leurs trois filles, l'envie de repartir était toujours présente. Ils ont finalement choisi de s'installer au Kenya pour y développer leur propre activité de conseil.
Pour nous, repartir était presque une évidence. Il y avait quelque chose qui nous manquait.
Les générations précédentes connaissaient davantage de carrières longues à l’étranger. Il n’était pas rare de passer plusieurs années, voire plusieurs décennies, dans le même pays ou au sein de la même organisation. Certains évoluaient même d’un pays à l’autre tout en restant dans la même structure.
Aujourd’hui, les parcours sont souvent plus diversifiés. Dans des secteurs comme l’adaptation au changement climatique, la gestion des ressources naturelles, les problématiques territoriales et forestières, l’environnement, la biodiversité, l’innovation ou encore le développement agricole, les mobilités prennent des formes plus variées.
De nombreuses structures recrutent désormais des Istomiens en France sur des postes fortement tournés vers l’international, avec des missions régulières à l’étranger. D’autres choisissent de travailler dans les DROM-COM, parfois pour quelques années seulement, avant de poursuivre leur parcours ailleurs.
Une autre façon de vivre l’international
Les évolutions du monde du travail ont profondément transformé les carrières internationales. Les mobilités internes sont plus fréquentes, les changements d’employeur et les réorientations professionnelles plus courants qu’auparavant.
Le développement du télétravail et des outils numériques permet également à certains professionnels de travailler à distance tout en conservant des liens étroits avec leurs partenaires à l’étranger.
L’international ne se résume donc plus à une expatriation de longue durée. Il peut prendre des formes multiples tout au long d’une carrière.
Pourquoi l’envie de repartir revient-elle ?
Après une première expérience internationale, nombreux sont les Alumni qui ressentent à nouveau l’envie de repartir.
Cette envie peut naître d’une opportunité professionnelle, d’un projet personnel ou simplement du désir de retrouver un environnement multiculturel.
Les motivations sont nombreuses :
saisir une nouvelle opportunité professionnelle ;
retrouver une dimension internationale dans son quotidien ;
découvrir un nouveau pays, sa culture et sa langue ;
retourner dans son pays ou sa région d’origine ;
accéder à davantage de responsabilités ;
retrouver un mode de vie apprécié lors d’une première expérience ;
donner une nouvelle orientation à sa carrière.
Pour certains, l'envie de repartir naît d'une opportunité professionnelle. Pour d'autres, elle est liée à un mode de vie ou à un état d'esprit découvert lors d'une première expérience à l'étranger.
Romain évoque notamment la liberté d'action qu'il a connue lors de ses expériences internationales : À l'étranger, ce qui est génial, c'est qu'on peut prendre davantage d'initiatives et gagner en responsabilités plus rapidement.
Avec son épouse, ils ont également toujours été attirés par les défis et les environnements qui poussent à sortir de leur zone de confort. On a toujours aimé se challenger. La récompense est humaine, professionnelle, financière, mais aussi dans tout ce que l’on apprend sur soi-même.
Une première mobilité agit souvent comme un révélateur. Elle permet de mieux comprendre ce que l’on recherche, les contextes dans lesquels on s’épanouit et les projets qui donnent du sens à son parcours professionnel.
Quand la France est une étape… mais pas forcément le point de départ
Parler de mobilité internationale ne signifie pas forcément partir de France.
Au sein du réseau ISTOM Alumni, les trajectoires sont extrêmement diverses. Pour certains, intégrer l’ISTOM représente déjà une première expérience internationale. C’est notamment le cas des étudiants venus d’Afrique, d’Asie ou d’Amérique latine pour suivre leur formation en France.
Pour d’autres, la France constitue simplement une étape avant un retour dans leur pays d’origine ou un départ vers une nouvelle destination.
Les Alumni originaires des DROM-COM connaissent également des parcours particuliers. Leur mobilité s’inscrit souvent entre plusieurs territoires : leur territoire d’origine, la métropole et parfois d’autres pays.
Ainsi, repartir à l’international ne signifie pas nécessairement repartir de France. Chaque parcours possède sa propre logique et ses propres étapes.
Ce que l’on gagne entre deux expériences internationales
Lorsqu’un professionnel repart à l’étranger après plusieurs années d’expérience, il ne repart jamais avec le même profil que lors de sa première mobilité.
L’expérience acquise permet de développer des compétences techniques plus solides, d’élargir son réseau professionnel et de gagner en maturité.
Cette expérience accumulée constitue souvent un véritable levier pour lancer de nouveaux projets.
Après plusieurs années de terrain en Asie du Sud-Est puis en France, Romain a ainsi décidé de créer sa propre entreprise de conseil au Kenya. Quand on monte une entreprise à l'étranger, on vend avant tout une expertise professionnelle et une capacité à résoudre des problèmes.
Selon lui, être implanté localement constitue également un avantage important : Être sur place est souvent un gage de crédibilité pour les entreprises avec lesquelles nous travaillons.
Il souligne également l'importance de développer un réseau diversifié : Il ne faut pas se limiter aux entreprises françaises ou européennes.
Avec le temps, les objectifs professionnels deviennent souvent plus précis. Les attentes sont mieux définies et la capacité d’adaptation renforcée.
Les professionnels qui ont déjà évolué dans différents contextes culturels possèdent également une meilleure compréhension des enjeux interculturels, une qualité particulièrement recherchée dans les organisations internationales.
Chaque expérience devient ainsi un atout pour la suivante.
Repartir quand sa vie personnelle a évolué
Les choix de mobilité évoluent naturellement avec les différentes étapes de la vie.
Le couple, la scolarité des enfants, la carrière du conjoint, l’achat d’un logement ou encore les attaches familiales peuvent influencer les projets professionnels.
Mais ces contraintes ne signifient pas forcément la fin d’une carrière internationale.
Aujourd’hui, la mobilité peut prendre de nombreuses formes :
partir en famille ;
accepter une mission temporaire ;
effectuer des déplacements réguliers à l’étranger ;
bénéficier d’une mobilité interne au sein de son organisation ;
travailler depuis la France sur des projets internationaux ;
privilégier des destinations plus proches géographiquement.
L’exemple de Romain montre qu'un projet international reste possible même lorsque la vie familiale évolue.
Avec leurs trois filles âgées de 1, 3 et 5 ans, le couple a choisi de repartir vivre à l'étranger malgré les nombreux défis logistiques et administratifs que cela implique.
Ce n'est pas évident de quitter ses habitudes, l'école des enfants ou de gérer toute la partie administrative lorsqu'on monte son entreprise. Mais c'est possible et ce n'est pas insurmontable.
Pour eux, cette expérience représente également une opportunité unique pour leurs enfants : C'est une chance pour elles. Elles grandissent dans un environnement ouvert sur le monde, avec plusieurs langues et plusieurs cultures.
Aujourd'hui, leurs filles suivent leur scolarité dans une école française tout en évoluant quotidiennement dans un environnement anglophone.
Il existe également des situations hybrides qui illustrent parfaitement la diversité des parcours des Alumni.
C’est le cas de cet ancien qui exerce aujourd’hui le métier de saunier sur l’île de Ré pendant une grande partie de l’année. Bien que son activité principale soit désormais ancrée en France, il reste fortement engagé dans une association accompagnant des habitants de zones de mangroves en Afrique de l’Ouest, notamment en Guinée. Une manière de conserver un lien fort avec son expérience internationale tout en développant une nouvelle activité professionnelle.
Une carrière internationale qui se réinvente
Les parcours des Alumni montrent qu’il n’existe pas une seule façon de vivre l’international.
Certains alternent entre plusieurs pays au cours de leur carrière. D’autres choisissent de revenir dans leur pays d’origine après quelques années à l’étranger. D’autres encore construisent leur vie professionnelle entre plusieurs territoires sans jamais s’installer durablement au même endroit.
L’international n’est pas toujours une destination. Il peut être un fil conducteur qui accompagne l’ensemble d’un parcours professionnel.
Et si une première expérience ouvre souvent des portes, rien n’empêche d’en franchir de nouvelles quelques années plus tard. Car finalement, une carrière internationale ne s’arrête pas à un premier départ. Elle se construit, évolue et se réinvente au gré des opportunités, des envies et des étapes de la vie.
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